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30.09.2007

Rondeaux.

En verrai-je jamais la fin
De vos oeuvres, Mélancolie,
Quand au soir de vous me délie
Vous me rattachez au matin.

J'aimasse mieux autre voisin
Que vous, qui si fort me guerrie ;
En verrai-je jamais la fin ?

Vers moi venez en larrecin
Et me robez Plaisance lie ;
Suis-je destiné en ma vie
D'être toujours en tel hutin
En verrai-je jamais la fin ?

 

Charles d'Orléans.

29.09.2007

Au 77.

Ce quartier : un vieux porche vert
Les murs que la vigne rongeait
Toi derrière,

La Cour des Miracles en été
Un caddie blanc abandonné
Bruits de vaisselle,

Tout près, très loin, grondait la ville
des cris, des klaxons imbéciles
Comme un rappel.

 

28.09.2007

Desbordes-valmore.

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27.09.2007

Ville de T.

Nouveau café. Anciennement pourri, enfumé, toilettes épouvantables, tables et tasses douteuses. Nouveau café, propre, tout est propre même le plafond, les grands miroirs, les chemises des serveurs, les serveurs… On ne fume plus, on va dehors, on ne crie plus, on ne joue plus au tiercé, on ne regarde plus le foot. On téléphone, on tapote sur son portable, on lit le Monde et l’Equipe, on déjeune.

26.09.2007

C'est toujours le printemps.

Les saules saupoudrent d’or
Les chemins, le jardin
A l’échafaud du temps encore
   Quelques matins,

Automne dans les fossés
Jaune mélancolie
Un couple sur un banc usé
   Usé aussi

Mais oui, c’est l’automne qui passe
Le ciel est presque blanc
Un couple sur un banc s’embrasse
   C’est le printemps.

25.09.2007

Ophélia.

Matin brumeux, l’air est humide
Si jeune est belle infiniment
Sans une ride

Elle va les mains sagement
Sur son sein, son visage est blanc
Parmi les fleurs

Ses lèvres ne dessinent pas
Un doux sourire, elle se meurt
Elle se noie.

22.09.2007

Autoportrait.

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19.09.2007

Pomme.

Jolie pomme au cœur rond
Jolie pomme sais-tu
Un jour un inconnu
Te mangera tout cru
Aspirera ton jus
Et te laissera nue
Blanche comme un trognon.

18.09.2007

T...

Tes trottoirs aux pavés merdeux
Encombrés de bennes en plastique
Et de grincheux,

Bordés de maisons asthmatiques
Aux fenêtres apoplectiques
Aux vieux parpaings,

Tes remparts qui nous emprisonnent
Retiennent rumeurs et potins
Tes cloches sonnent.

16.09.2007

Le petit chef.

Il est rond comme un porcelet
Ventru, pansu, fessu
Sait tout faire, a tout vu
Et ne fait rien de ses journées,

Mais ce qu’il aime, c’est parler
Face à sa cour craintive
La logorrhée copulative
Tous les jours, leur pâtée,

A celui qui n’aurait plus faim
Attention aux griefs
Aux représailles et aux potins
La joie du petit chef.

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