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03/12/2011

Hiver

Les matins blêmes portent nuit
Et des bijoux de pacotille,
Accrochant aux semelles des gens
leur jeunesse qui fout le camp.
 
Je me lève. Tout a disparu.
Dans tes yeux, dans ma rue.

18:12 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

11/11/2011

11 Novembre

Nous irons dans des noirs sublimes
Éteindre sous le marbre
le feu de nos amours
L'ombre des arbres sera notre soleil
et le chant des oiseaux désormais inutile
nous laissera froids et immobiles.

20:42 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

20/10/2011

Papa va vivre.

Petite maison, toute petite maison. Maison blanche avec un chapeau pointu sur la tête. Sous le chapeau une famille. Enfin, dans cette maison blanche au chapeau pointu vivait une famille. Une petite famille. Une dame, son compagnon et deux magnifiques enfants. Je les voyais partir d'un oeil distrait ces marmots vers l'école que fréquentaient aussi mes filles. Mais cette maison au chapeau pointu posé sur la tête, jamais je ne l'avais remarquée. Comment d'ailleurs puisque la rue où elle dormait, était recouverte de maisons blanches aux chapeaux... Et nos filles et nos fils trottinaient chaque matin vers l'école dans la beauté des jours où l'innocence rend heureux. Pourtant un détail aurait dû attirer mon attention ; cette maison parmi les maisons s'était joliment baptisée Villa Rosa. Villa Rosa ? Elle n'était point rose mais d'un blanc passé. Une villa ? elle aurait largement tenu dans l'arrière-cours d'une ferme. Villa Rosa ? Pourquoi pas. Cela donnait une touche de gaieté, peut-être un peu de couleur lorsque la neige glissait le long des toits. Les hivers sont longs en Lorraine, la lumière fantomatique nous effacent parfois de longues semaines... alors un peu de couleur, pourquoi pas. On ne voit parfois que les enfants, les yeux des enfants, les jeux des enfants et on se dit "ils doivent être heureux dans leur petite maison blanche". Villa rosa, c'est presque certainement la maison du bonheur. Mais il l'avait dit l'adorable enfant à son gentil voisin "mon père est fou, il veut nous tuer". Le monsieur d'un certain âge l'avait rassuré avec quelques banalités "c'est un passage difficile, tout va s'arranger..." ; l'enfant était retourné chez lui le coeur retourné de n'être pas entendu. Tout avait commencé par de violents échanges d'insultes " tu ne partiras pas, tu ne partiras jamais, plutôt crever", maman avait répliqué avec "des pauvres types" et des "ce n'est pas toi qui m'en empêcheras". Oui je me souviens, les yeux de mon père étaient des braises ardentes et son visage n'avait plus rien d'humain. Je crois qu'il avait le même visage lorsqu'il nous a tués. Cette nuit là, je dormais sans doute, peut-être regardais-je les étoiles à travers le vélux. Parfois lorsque je ne peux pas dormir, je fixe les étoiles et j'imagine que je suis heureux. Mon vélux était fermé, je ne dormais pas, pas encore. Je crois que j'aimais la nuit ; j'aimai fixer dans le noir des univers inconnus et silencieux. Mon petit frère respirait doucement, les bras parallèles au corps couché sur le dos. Moi je n'ai jamais pu dormir sur le dos mais cela n'a plus aucune importance. Oui, je comptais peut-être les étoiles, elles sont tellement nombreuses. Parfois se faufilent entre elles des avions que je ne prendrai jamais, ils traversent l'univers fini de mon vélux et disparaissent dans la nuit ou dans un nuage. Je n'ai pas peur et pourtant je compte les étoiles. Et ce fut l'explosion, une explosion de cris, de porte qui claque, une voix aigüe qui se heurte à une voix grave ; une porte qu'on ferme définitivement, ma pauvre maman tu n'en sortiras jamais de cette pièce. Et pourquoi ne dormirais-je pas ? Je dormais, je rêvais sans doute, sous le chapeau rouge de ma maison. Il est monté, son pas était lourd, chaque marche en bois gémissait, ma mère gémissait, mon petit frère s'était réveillé, les bras toujours le long du corps, les yeux ronds. Ma mère disait souvent que c'était le portrait craché de son père. Je ne dors jamais sur le dos, jamais comme les morts ; je me mets sur la tranche dans un équilibre précaire. Il n'a pas hésité, le fusil pointé vers mon visage, il a tiré tout de suite. Mon frère est resté sur le dos, les bras parallèles, déjà mort. Je crois que ma mère crie encore. Je n'ai rien entendu la Villa Rosa est trop loin et je dormais, je vous dis que je dormais. Il s'est raté cet imbécile, une balle a ricoché sur ses os et  ressortie avant de se ficher dans ma porte. Durant son court voyage, elle a tout raté, le coeur, les poumons, tout. Il vit, il va vivre. Je suis bien content, papa va vivre. 

 

 

16:02 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2)

15/10/2011

Poupée tracas

Je n'ai plus peur, poupée tracas

Poupée de papier que tu froisses

Entre tes doigts

 

Sous l'oreiller, poupée de glace

Poupée de son et de grimaces

Ton sentier noir

 

Tes rats qui croquent la maison

Leurs ombres qui dansent le soir

Sur tes plafonds

17:08 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1)

26/07/2011

Fils d'argent

Sur le sentier noir j'ai couru vainement

Il est tard, mes nuits tissent des fils d'argent

15:17 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

03/07/2011

SITUS INVERSUS


 

- Étrange, comprends pas...

- Un problème docteur ?

- Non, non, c'est mon stéthoscope... j'entends rien... vous n'êtes pas morte ?

- ?

- Excusez-moi, une blague stupide. Respirez très fort... merde... il a l'air de marcher pourtant !

- Je vous fait marcher ! J'ai le cœur à droite...

- Le cœur à droite ?

- Oui, enfin, j'ai plutôt le cœur à gauche mais j'ai le cœur à droite.

- ?

- J'ai une malformation, je vous rassure, je ne suis pas un zombie.

- Évidemment...

- Et vous ?

- Moi ?

- Vous avez plutôt le cœur à gauche ou à droite ?

- Plutôt à droite...

- Évidemment... c'est dommage. Vous devez me trouver indiscrète.

- Non... vous savez dans ma famille, être de droite, c'est quasiment une vocation... mais revenons à votre cœur. Celui qui bat. C'est ma foi vrai... il est à droite. C'est très déstabilisant pour un médecin, vous savez...

- A droite, à gauche... j'ai le cœur d'une midinette. Il bat trop vite, trop souvent et pour trop de monde.

- Pour ce mal là, je ne peux rien faire... Et le reste, tout est à sa place ?

- Voyez-vous même, le nez au milieu de la figure, toutes mes dents, deux beaux sei...

- Hopopop !... de très beaux yeux...

- Docteur, ne faites pas le joli cœur !

- Vous avez raison, je suis trop vieux !

21:05 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

01/06/2011

Le chat

Le chat ultime
Ce n'est pas lui dans sa robe glacée et crème
Ni cette pie sautillante et sereine
Ni l'herbe du toit qui reverdit
Ni la mousse dans tes yeux
Ce n'est pas l'heure des départs ou presque
ce n'est pas l'heure de la porte qu'on ferme
ce n'est pas l'heure des visites quotidiennes
ce n'est pas l'heure de te parler moins
Le chat ultime
Ce n'est pas lui dans sa robe glacée et crème
Le petit chat est mort, mais ce n'est pas lui.

00:04 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1)

26/05/2011

Le petit chat est mort

Eviter de trop penser à elle Eviter de regarder le jardin Ne pas voir son ombre partout Ranger sa gamelle Ce n’est qu’un chat, un chat Le petit chat est mort.

11:42 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1)

21/04/2011

Absinthe

Tout au fond du verre une mer

D'ennui l'océan vert

Des fous, des poètes et des nuits

Et le temps qui s'enfuit

 

Sous les ponts ils boiront le vin

Au fil des aubes grises

Des idiots qui ne voient la fin

Ni l'auror que l'on brise

 

Ils boiront, le pas sans souci

ils passeront ainsi

la main sur le cœur à l'adresse

perdue de leur jeunesse.

 

20:53 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1)

18/03/2011

Un cèdre

 

Le cèdre dans la cour. 
Combien ont effleuré son tronc, ses branches, tandis que les saisons filaient derrière ma vitre. 
Qui se souvient de cette tornade qui faillit l'abattre, sa cime se prosternant à ses pieds. 
Ce géant que je finis par ne plus voir, le tronc coulé dans le béton. 
Il m'avait accueilli et puis il est monté si haut, nous l'avons tous oublié.
Ce matin, nous nous sommes croisés à nouveau et je l'ai salué.

 

19:32 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1)

17/02/2011

Brevet blanc

 

 

Sur une table un graffiti
Qui dit je t'aime et je t'emmerde
C'est pas joli
Un vieux crayon qui s'emmerde
Des mots qui viennent et qui se perdent
C'est la dictée
Un jeune garçon aux yeux sombres
Devant un devoir de français
Tapi dans l'ombre.

 

 

23:01 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

11/02/2011

La retraite du faux marin

A la mer jamais, son coeur, ne s'apaisera
Des mots, des mots
Des tempêtes terrestres
Et des grains de café
Le faux capitaine jamais ne partira
Plus loin que la lanterne
Au fond de son jardin
Et regardant au-dessus des troènes
Il verra
Un fleuve de voitures
Un bateau peut-être
Mais sur un toit.

17:59 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

01/02/2011

Conversation sur le zinc

C’est que, c’est ça presque, heu, enfin
Pas facile à, non pas facile
Ben quoi, hein ?

C’est face enfin peut-être pile
C’est ça, tu sais, si ! Inutile
Je sais plus…

Mais oui, d’accord quoi, t’es trop bon !
Où ça ? Pourquoi pas, dans ma rue…
Pauvre con.

 

23:17 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

23/01/2011

Froid

J'ai beau savoir le jour venir
et peut-être un matin radieux
où tu respires
l'arbre aux pétales aventureux
le mirabellier au milieu
de mon jardin
je ne vois que des vieux chats
qui quémandent chaque matin
dans le froid.

22:34 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1)

23/12/2010

Joyeux Noël

Je soufflerai sur mes doigts

écrasant d'autres traces de pas

dans la neige croustillante,

 

Je penserai encore une fois à vous

qui m'avait laissé sur le chemin

le sentier noir,

 

Mais je verrai dans ses yeux

l'étincelle qui me dira

Joyeux Noël.
nkhy.JPG

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30/11/2010

Hiver

Comme un linge à mes fenêtres
L’hiver s’est invité
Pendu, tout doit disparaître
Le ciel et l’été

Et mes amours anciennes.
Derrière l’horizon
Six mois sous un triste plafond
Six mois en quarantaine.

14:35 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

24/11/2010

A la fin

J'avance un peu mais peu importe
Je sens déjà que vient la fin
Elle m'emporte

Elle m'emporte et c'est en vain
Que je résiste encore enfin
J'ouvre ma porte

Il fait très froid sur ton chemin
ô saison, très froid, à la fin
L'hiver m'emporte.

17:44 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

11/11/2010

Jeune et poilu

 


Dessous les champs des forçats
On dort en chien de fusil
Pauvre soldat

J’ai vingt ans, tombé ici
Inconnu pour l’ennemi
Et pour la France

Je serre ma baïonnette
Près de mon cœur en silence
Pauvre squelette.

 

09:57 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

01/11/2010

Dans tes pas

 

Mes pas dans tes pas, dans tes traces
J'ai reconnu tous tes chemins
Tous tes espaces,

Cheminé au petit matin
Rue Claudot et Henri Déglin
Rue Michelet,

Et je t'ai vu, mains dans le dos
Cahin-caha, tu souriais
Incognito.

                                   
A mon Grand-Père.

 

 

09:20 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

06/10/2010

Café ?

Ce matin n'est pas blême
Plutôt lumineux
De l'or dans les persiennes
Du bleu dans tes yeux,
Je prends mon café crème
Les yeux dans tes yeux
Il est très fort, je t'aime
Un sucre ou deux ?

20:57 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

03/10/2010

Automne

Un automne trop chaud
Décalé
Sous un ciel trop bleu marchent
Des filles encore trop belles
Je ne vois que les feuilles dorées
Aux pieds des mirabelliers
J’entends les grues argentées
Bavardes comme des pies
Et le délicieux glouglou des fontaines
Place Stanislas

16:09 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

19/09/2010

Une balade étretataise

 

 

 

Des sentiers de cendres et de braises
Tes pas dans mes pas ou l’inverse
Blanches falaises

Dans tes yeux et dans tes promesses ;
Le vent salé qui nous transperce
Le ciel est noir.

Dans cet hôtel de quatre sous
Les fruits de mer sont des phares
Aux reflets roux.

 

 

 

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03/09/2010

Ombres

Voyez-vous l'ombre sous ses yeux
Sous ses beaux yeux, voici le temps
Qui mousse un peu

A peine. Un jardin d'enfant
A peine. Quelques printemps
Le sentier noir

Tes petits pas sur les graviers
Ta main que j'effleure au hasard
Tes petits pieds.

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30/08/2010

Temps

Prenez le temps il est précieux

Comme ce vers que j’ai rimé

Avec tes yeux

 

J’ai pris le temps pour mieux t’aimer

Silencieux il a filé

Sur le chemin

 

Depuis j’ai peur du sentier noir

Je ne compte plus les matins

Ni les soirs.

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25/08/2010

Le café des Jours

Dans le café des Jours

Chantent les resquilleurs

Sur les zincs qu'on laboure

 

Et sous les vieux plafonds

On tisse des fumées

Comme des abat-jour

 

Les bouches font des ronds 

 

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24/08/2010

Etoiles

Dans la lune
Et si loin 
Des étoiles

22:20 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

05/07/2010

Au ciel


Au ciel quelques printemps s'accrochent
Quelques bleus à l'âme, à la croche
S'en vont fleurir ton firmament.

22:42 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1)

18/05/2010

Enfance

Etait-ce une nappe blanche

Sur laquelle on dessine

Un dimanche

 

Tout s’est perdu on devine

La table et la cuisine

Un enfant

 

Les bains trop chauds et la nuit

La radio qu’on entend

Et la pluie.

18:06 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

14/05/2010

Glycine

La glycine que j’ai plantée

Anémique et Lorraine

S’est enroulée comme une chaîne

Aux barreaux des années


Quelques fleurs ont ressuscité

Mauves aux reflets d’ivoire

Entre le myrte et mes pensées

Pousse le sentier noir

23:09 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)

05/05/2010

Le sentier noir

Je me retourne, ô combien
sont partis sur d'autres chemins
oui, combien ?

Je ne suis pas seul mes enfants
sont des pierres que j'ai déposé
sur d'autres chemins

Je me retourne, sans y croire
je vois un enfant qui ressemble
Au sentier noir.

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